Que veut dire IP en domotique : adresse ou indice ?
Ce qu’il faut savoir sur le sigle IP en domotique
- IP désigne soit l’indice de protection défini par la norme CEI 60529 (Ingress Protection), soit l’adresse réseau Internet Protocol.
- Dans IP65, le 6 annonce une étanchéité totale à la poussière et le 5 une tenue aux jets d’eau.
- L’adresse privée d’un objet connecté commence souvent par 192.168 et vient du serveur DHCP de votre box.
- Réserver l’adresse dans la box garde le lien stable entre un objet et votre logiciel domotique après chaque redémarrage.
- Selon la CNIL, un particulier ne filme que l’intérieur de sa propriété, jamais la voie publique.
5 faits vérifiés3 sourcesmis à jour le 23 octobre 2026
Deux sens à distinguer
Deux chiffres après IP forment un indice de protection. Quatre nombres séparés par des points forment une adresse réseau.
Un indice se juge sur place
IP20 suffit derrière un interrupteur au sec. Dehors, je pars de IP65 et j’adapte selon l’exposition.
Une adresse se réserve dans la box
La réservation DHCP fixe l’adresse d’un objet sans toucher à ses réglages internes.
Que veut dire IP sur une fiche produit ? Tout dépend de ce qui suit le sigle. Deux chiffres collés, comme dans IP44, désignent l’indice de protection d’un boîtier contre la poussière et l’eau. Quatre nombres séparés par des points, comme 192.168.1.20, désignent l’adresse d’un appareil sur un réseau. Les deux sens se croisent sur un même produit, une caméra par exemple, et les achats déraillent à cet endroit. Je les traite dans l’ordre où ils vous servent : l’indice d’abord, parce qu’il décide de l’endroit où vous posez l’objet, l’adresse ensuite, parce qu’elle décide de la façon dont vous le retrouvez.
Que veut dire IP : indice de protection ou adresse réseau ?
Regardez la forme avant le sens. Deux chiffres après IP, ou un X à la place de l’un d’eux, et vous lisez un indice de protection : Ingress Protection en anglais, une classification de la norme internationale que la France publie sous la référence NF EN 60529. Quatre nombres compris chacun entre 0 et 255, séparés par des points, et vous lisez une adresse IPv4 : Internet Protocol, le langage commun de tous les appareils d’un réseau.

Le mot « IP » colle aussi à des familles entières de produits. Une caméra IP, un interphone IP, un module Wi-Fi : tous se branchent au réseau et reçoivent donc une adresse. Leur fiche affiche en plus, très souvent, un indice pour la tenue en extérieur. Les deux informations se complètent. L’adresse vous dit comment joindre la caméra, l’indice vous dit si vous pouvez la visser sur une façade.
Un point me paraît surestimé : l’indice comme gage de qualité. IP20 est l’indice normal d’un micromodule qui vit dans la boîte d’encastrement d’un interrupteur, au sec. Le même module fixé sur un mur exposé à la pluie serait une faute. Je juge l’indice d’après le lieu de pose, jamais dans l’absolu. Avant d’acheter, notez l’endroit où vous poserez l’objet : ce lieu fixe l’indice qu’il vous faut.
Comment lire un indice IP à deux chiffres ?
Chaque chiffre répond à une question. Le premier va de 0 à 6 et mesure la protection contre les corps solides : 0 n’offre rien, 2 arrête un doigt, 4 arrête les objets de plus de 1 mm, 5 limite l’entrée de poussière, 6 l’interdit complètement. Le second va de 0 à 9 et mesure la protection contre l’eau : 1 et 2 pour les gouttes, 3 pour la pluie, 4 pour les projections venues de toutes les directions, 5 et 6 pour les jets, 7 pour une immersion temporaire, 8 pour une immersion prolongée dans les conditions fixées par le fabricant, 9 pour les jets à haute pression et haute température.
La durée d’immersion de l’indice 7 se règle sur 1 m de profondeur pendant 30 minutes au maximum. Un X remplace un chiffre quand le fabricant n’a pas testé la catégorie : IPX4 se lit « projections d’eau, poussière non testée ». Vous gagnez du temps en retenant quatre repères pour la maison, que le tableau place en face de leur usage.
| Indice | Corps solides | Eau | Où je le pose |
|---|---|---|---|
| IP20 | Doigt exclu (12,5 mm et plus) | Aucune protection | Boîte d’encastrement, pièce sèche |
| IP44 | Objets de plus de 1 mm | Projections de toutes directions | Cuisine, buanderie, abri couvert |
| IP54 | Poussière limitée | Projections de toutes directions | Garage fermé, atelier |
| IP65 | Étanche à la poussière | Jets d’eau | Façade, extérieur exposé |
| IP67 | Étanche à la poussière | Immersion temporaire | Regard, zone qui peut finir sous l’eau |
Dehors, je prends IP65 au minimum. Un appareil classé IP44 encaisse les éclaboussures, mais sur une façade battue par la pluie et le vent, je ne m’en contente pas. Entre IP65 et IP67, je choisis le second seulement si l’eau peut stagner : un coffret enterré ou un bas de mur en zone inondable. Dans les autres cas, il alourdit la facture sans rien apporter.
Trois exemples aident à s’entraîner. IP20 sur un micromodule : aucune protection contre l’eau, usage dans une boîte au sec. IP54 sur une sirène de garage : poussière limitée, projections d’eau tolérées. IPX7 sur une sonde de piscine : poussière non testée, immersion temporaire admise, ce qui suffit pour une sonde qui trempe mais pas pour un boîtier de raccordement posé dehors toute l’année.
Sur le marché, le vocabulaire brouille la lecture. « Résistant à l’eau », « étanche » ou « pour l’extérieur » ne valent rien sans code : exigez le chiffre, imprimé sur le produit ou sur sa fiche technique. Une lecture complète ressemble à IP65 IK08 pour une caméra : poussière exclue, jets d’eau supportés, chocs jusqu’à 5 joules. Un fabricant sérieux affiche aussi la plage de température de fonctionnement, qui compte autant que l’indice quand l’hiver gèle les joints.
L’indice ne couvre pas tout. Il ne dit rien sur :
- la tenue aux UV et au gel, qui durcissent les joints saison après saison ;
- la résistance aux chocs, mesurée à part par l’indice IK de 00 à 10, où IK08 correspond à 5 joules et IK10 à 20 joules ;
- l’étanchéité des raccordements, valable uniquement produit monté selon la notice, capot et presse-étoupe en place ;
- la tenue aux jets des niveaux 7 et 8, que la fiche doit confirmer, car l’immersion et les jets se testent séparément.
La caméra de surveillance wifi extérieure est l’exemple type : son indice annonce la pluie, pas le choc d’un outil de jardin. Si vous en installez une, mon article sur la caméra de surveillance wifi extérieure détaille la pose, le réglage et ce que vous avez le droit de filmer.
Que fait la box d’une adresse IP privée ?
Chaque objet branché en Wi-Fi ou en Ethernet porte une adresse IP attribuée par votre box. Une adresse IPv4 tient sur 32 bits, soit environ 4,3 milliards de combinaisons, un stock qu’Internet a fini par épuiser. L’IPv6 écrit les siennes sur 128 bits, en hexadécimal, et la plupart de vos appareils en reçoivent une sans que vous le remarquiez.
Les réseaux domestiques puisent dans des plages réservées aux usages privés, listées par la RFC 1918 : de 10.0.0.0 à 10.255.255.255, de 172.16.0.0 à 172.31.255.255 et de 192.168.0.0 à 192.168.255.255. Internet ne voit pas ces adresses. La plage 192.168 est la plus courante sur les box grand public.
L’adresse publique est une autre affaire. Votre fournisseur d’accès en attribue une à la box, visible depuis Internet, et tous vos objets la partagent vers l’extérieur grâce à la traduction d’adresses (NAT). Un site distant voit votre box, jamais l’ampoule du salon. Cette séparation protège votre installation tant que vous n’ouvrez aucun accès vers l’intérieur.
Côté box, l’attribution suit deux modes. En mode automatique, le serveur DHCP prête une adresse pour une durée limitée, le bail, et peut en donner une autre au redémarrage suivant. En mode fixe, l’objet garde toujours la sienne. Pour un équipement que votre logiciel domotique interroge en permanence, je veux une adresse stable : sinon le lien casse au premier redémarrage et vous cherchez une panne qui n’existe pas.
Deux adresses valent un diagnostic. Un objet qui affiche une adresse en 169.254 signale en général qu’il n’a reçu aucune réponse du serveur DHCP : le souci se trouve côté réseau, et un redémarrage de la box règle souvent la situation. L’adresse 127.0.0.1, dite de bouclage, désigne la machine elle-même et ne sort jamais sur le réseau. Vous la croiserez dans les réglages de certains logiciels domotiques installés sur l’appareil qui les fait tourner.
Les ampoules et capteurs Zigbee ou Z-Wave n’ont pas d’adresse IP. Ils parlent leur propre protocole et ne se montrent au réseau que par la passerelle, qui reçoit l’adresse à leur place. Ouvrez la liste des appareils de votre routeur : vous n’y verrez que la passerelle, jamais chaque ampoule. Pour comprendre ce que la box fait de ces adresses, mon article sur le routeur wifi et son rôle chez vous reprend le fonctionnement pas à pas.
Thread, le réseau maillé qui accompagne Matter, fait exception à cette règle : il repose sur IPv6, et chacun de ses objets reçoit une adresse. Le détail se trouve dans l’article sur Matter avec Thread et le Wi-Fi.
Reste une distinction qui pèse sur la durée de vie de l’installation : local ou cloud. Un objet piloté en local échange avec votre box à l’intérieur des adresses privées, sans rien demander à Internet. Un objet piloté par le cloud de son fabricant sort par votre adresse publique et dépend d’un serveur extérieur, d’un abonnement éventuel et de la survie du service. Je privilégie le local : une box et un protocole valent mieux que cinq applications dont chacune dépend de son propre serveur, et votre maison continue de fonctionner le jour où l’une d’elles ferme.
Comment trouver et fixer l’adresse IP d’un objet connecté ?
Aucun outil à acheter, aucun câble à ouvrir : tout se passe dans l’interface de la box, depuis le navigateur d’un ordinateur relié au même réseau. Je suis toujours le même ordre.
- Ouvrez l’interface de la box à l’adresse inscrite sur son étiquette ou dans sa notice.
- Repérez l’objet dans la liste des appareils connectés, par son nom ou par son adresse MAC, imprimée sur son étiquette.
- Notez l’adresse IP affichée en face de lui.
- Cherchez la rubrique de réservation d’adresse, souvent nommée « DHCP statique » ou « bail statique », puis associez cette adresse à l’adresse MAC de l’objet.
- Redémarrez l’objet pour qu’il récupère l’adresse réservée, et vérifiez qu’elle n’a plus bougé.
Je préfère la réservation à la saisie manuelle dans l’objet. Un seul endroit à refaire si vous changez de box, et aucun risque de doublon : deux appareils qui se disputent la même adresse coupent le réseau de l’un des deux. Si l’objet n’offre que la saisie manuelle, choisissez une adresse en dehors de la plage que la box distribue.
Si l’objet n’apparaît pas dans la liste, vérifiez d’abord la bande Wi-Fi : beaucoup de modules ne gèrent que le 2,4 GHz et ignorent un réseau configuré en 5 GHz seul. Contrôlez ensuite la portée, car un signal faible fait réapparaître l’objet par intermittence. Un câble Ethernet règle les deux cas pour une caméra ou une passerelle fixe, et je le préfère chaque fois que la distance le permet.
À défaut d’accès à la box, une application d’analyse de réseau sur smartphone liste les adresses des appareils connectés au même Wi-Fi. Elle affiche des noms parfois énigmatiques : éteignez l’objet, celui qui disparaît de la liste est le bon.

Une caméra se retrouve mieux avec une adresse réservée : le logiciel qui lit son flux n’a plus à la chercher après une coupure de courant. Si vous hésitez encore sur le modèle, le comparatif de caméras IP d’intérieur trie les offres selon vos critères.
Un dernier repère : l’adresse publique de votre box s’obtient avec n’importe quel site de test d’adresse IP. Elle change selon l’abonnement et les opérations de votre fournisseur d’accès, et lui seul sait si elle est fixe. Ne la communiquez à personne, elle ne sert à rien pour piloter votre maison.
Quels risques quand une adresse IP s’expose sur internet ?
Une adresse publique ne donne pas accès à vos objets. Le danger vient de ce que vous ouvrez dessus : une redirection de port vers une caméra, un mot de passe d’usine jamais changé, un micrologiciel jamais mis à jour. Des robots balaient en continu les adresses publiques à la recherche de ces ouvertures, et vos objets n’ont rien à y gagner.
⚠️ Ne redirigez jamais un port de votre box vers une caméra ou un module : son flux devient joignable par n’importe qui sur internet.
La CNIL donne la marche à suivre pour les objets connectés. Vérifiez que l’objet ne laisse pas n’importe qui s’y connecter, changez ses réglages par défaut (mot de passe, code PIN) et protégez par un mot de passe le réseau Wi-Fi qu’il utilise. Je pousse la règle d’un cran : un mot de passe unique par objet, stocké dans un gestionnaire.
Deux habitudes complètent ces règles. Mettez à jour le micrologiciel des objets qui reçoivent des correctifs, surtout les caméras et les passerelles, car une faille connue se corrige à cet endroit. Placez ensuite les objets dont le fabricant ne publie aucune mise à jour sur le réseau invité de la box, quand elle en propose un. Certains y perdent le contact avec votre logiciel domotique : testez avant de généraliser.
Pour piloter la maison à distance, je choisis le VPN de la box ou le service d’accès distant du logiciel domotique, jamais une redirection de port. La page sur l’accès externe à Jeedom sans risque montre la démarche complète sur un logiciel précis. L’idée vaut pour les autres : votre accès distant passe par une porte unique et protégée.
Que se passe-t-il si quelqu’un connaît votre adresse publique ? Il situe approximativement votre zone de raccordement, d’après son fournisseur d’accès, et peut tester vos ports. Si la box les garde fermés et que vos objets ne répondent à personne depuis l’extérieur, la démarche s’arrête là. Changer d’adresse ne protège de rien tant qu’un port ouvert subsiste.
Une précision évite une fausse piste : certains abonnements, notamment en 4G ou 5G, partagent une même adresse publique entre plusieurs clients. Une redirection de port ne fonctionne alors pas du tout. Le service d’accès distant d’un logiciel domotique, qui relaie la connexion par un serveur, contourne l’obstacle sans exposer aucun objet.
Les caméras ajoutent une obligation légale. Un particulier ne filme que l’intérieur de sa propriété (maison, jardin, chemin d’accès privé) et jamais la voie publique, même pour surveiller sa voiture garée devant chez lui. Si une personne extérieure à la famille intervient chez vous, prévenez-la par un affichage ou une clause du contrat. Le texte de la CNIL sur la vidéosurveillance chez soi précise ces règles.
Quel indice IP choisir selon l’emplacement ?
Ma méthode répond à la question « que veut dire IP » par un geste : je pars de l’endroit, jamais du catalogue. Dans un salon, une chambre ou un couloir, un module IP20 posé dans sa boîte d’encastrement suffit, puisque la boîte le protège déjà. Dans une cuisine ou une buanderie, j’élève le niveau pour tout appareil posé en apparent. Sous un auvent ou au garage, je monte encore. Dehors, face à la pluie, je prends IP65.
La salle d’eau fait cas à part. La norme NF C 15-100 découpe la pièce en volumes autour de la baignoire ou de la douche et fixe un indice minimum pour chacun. Je ne place rien dans ces volumes sans avoir identifié lequel, et vous devez faire valider le choix par un électricien au moindre doute.
Si le produit n’affiche aucun indice, je le traite comme un IP20 : intérieur, au sec, dans sa boîte. Cette règle simple m’évite de découvrir l’oubli après le premier orage.
Un prix réel se lit en deux lignes : le module, puis le boîtier étanche, le presse-étoupe et le temps de pose qui s’y ajoutent dehors. Cette seconde ligne pèse vite dans le total. Comparez donc avec le même produit posé à l’intérieur, au sec, avant de décider de l’emplacement.
Sur une caméra ou une sirène extérieure, lisez deux lignes de la fiche : l’indice, puis la température de fonctionnement. Pour le raccordement, je réserve un boîtier étanche avec presse-étoupe aux jonctions situées dehors, et je garde la connexion à l’intérieur quand c’est possible : une alimentation passée par le mur évite d’exposer une dérivation à la pluie. Ce travail touche à l’installation fixe, et je le confie à un électricien dès qu’il implique le tableau ou un circuit neuf.
Chaque famille d’objets a sa logique. Un détecteur d’ouverture ou un capteur de température d’intérieur se contente d’IP20 au sec. Une sirène, un détecteur de mouvement extérieur ou une sonde de jardin réclament l’indice du lieu, et je vérifie qu’il vaut pour le boîtier complet, sonde et câble compris. Une serrure ou une commande de portail subit pluie, poussière et chocs : je regarde l’indice IK en plus de l’indice IP, et je laisse un électricien traiter l’alimentation du portail, qui sort de ce que vous devez faire vous-même.
Toute intervention sur un module ou une alimentation se fait disjoncteur coupé, absence de tension vérifiée au testeur. L’INRS le rappelle : la prévention du risque électrique privilégie les opérations hors tension. Si l’installation vous paraît incertaine, appelez un électricien plutôt que d’ouvrir le tableau.
Trouvez l’indice IP minimum pour votre emplacement
Salon, chambre, couloir : IP20 suffit pour un module dans sa boîte d’encastrement ou un détecteur fixé au mur. Coupez le disjoncteur et vérifiez l’absence de tension avant d’ouvrir la boîte.
Cuisine, buanderie : visez IP44 au minimum pour tout appareil apparent. En salle d’eau, les volumes de la NF C 15-100 imposent leurs propres indices : faites valider l’emplacement par un électricien.
Sous un auvent ou dans un garage : IP44 à l’abri de la pluie, IP54 si la poussière s’invite, comme dans un atelier. Fixez le boîtier avec son capot et son presse-étoupe d’origine.
Façade, mur de clôture, jardin : IP65 au minimum, et IP67 seulement si l’eau peut stagner. Une caméra ne filme que votre propriété, jamais la voie publique.


